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Déluge du Saguenay: des bienfaits écologiques pour les écosystèmes

La montée du niveau d'eau est profitable pour la faune et la flore riveraine

Au fil du temps, les infrastructures humaines ont transformé les cours d'eau du Saguenay-Lac-Saint-Jean, augmentant les risques en cas d'événement météorologique extrême, ajoute Maxime Boivin. (Photo archives La Presse Canadienne)

Le déluge du Saguenay a été une catastrophe d'un point de vue humain. Mais qu'en est-il pour les écosystèmes ?

Par Guillaume Roy, Initiative de journalisme local- LE QUOTIDIEN

Maxime Boivin, professeur en géographie et hydrogéomorphologie à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) et responsable du Laboratoire d'expertise et de recherche en géographie appliquée (LERGA), apporte un éclairage sur la question.

" D'un point de vue écosystémique, la montée du niveau d'eau des lacs et des rivières, ainsi que les inondations sporadiques de la plaine alluviale sont profitables pour la faune et la flore riveraine. Ces phénomènes peuvent aussi contribuer, dans certains contextes, à l'érosion des berges, mettant en circulation des sédiments et des matières organiques bénéfiques sur un plan biogéomorphologique ", a expliqué Maxime Boivin, dans un texte publié dans le magazine historique Saguenayensia.

" Une rivière est un écosystème dynamique et mobile, dit-il. L'érosion est souvent vue négativement, mais elle est nécessaire au maintien de l'équilibre de l'écosystème. Si on bloque le transport des sédiments, avec des infrastructures humaines, le cours d'eau aura un déficit sédimentaire. De profondes incisions, de quatre à cinq mètres peuvent alors se créer, car il n'y a plus de sédiments pour recharger ces fosses. Ultimement, ça diminue la géodiversité des formes. "

Au fil du temps, les infrastructures humaines ont transformé les cours d'eau du Saguenay-Lac-Saint-Jean, augmentant les risques en cas d'événement météorologique extrême, ajoute Maxime Boivin. " L'aménagement du territoire est venu exacerber la problématique pendant le déluge, affirme-t-il. Il y aurait eu une crue importante, mais les infrastructures, comme les barrages, changent la dynamique de ruissellement, créant une onde de crue rapide, transportant énormément de sédiments. Ce fut particulièrement le cas sur la rivière Ha ! Ha !, où une digue a cédé, et le lac s'est vidé. "

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Avec toute l'eau accumulée dans les barrages, les coulées d'eau ont été plus fortes et plus dévastatrices. Une rivière plus naturelle, sinueuse, avec des méandres, est plus résiliente, car elle permet de mieux diffuser l'énergie, et ainsi de minimiser les dégâts pour les populations humaines.

Sédiments toxiques

La puissance de la rivière Ha ! Ha ! a détruit énormément d'infrastructures, mais elle a été bénéfique sur un point, en recouvrant les sédiments toxiques qui gisaient dans la baie du même nom. " Depuis cet événement, on observe une baisse des contaminants, particulièrement le mercure, dans la chaîne alimentaire ", note Maxime Boivin.

Après le déluge, des travaux de stabilisation des berges ont été faits pour réparer les infrastructures et protéger les populations. Ainsi, près de 75 % de la rivière à Mars et de la rivière Saint-Jean ont été enrochés dans certains secteurs. " Ces enrochements ont été faits avec les connaissances de l'époque, mais aujourd'hui, on réalise que ces infrastructures ont coupé les apports en sédiments, ce qui cause des impacts sur la faune, mais aussi sur les infrastructures, en déchaussant les piliers des ponts, notamment. "

Laisser la rivière s'éroder naturellement permet aussi de maintenir les frayères, importantes pour les populations de saumon atlantique, de même que d'autres espèces. Maxime Boivin travaille donc avec Contact Nature pour trouver des solutions afin de renaturaliser la rivière à Mars, en restaurant les processus naturels.

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" Une rivière plus naturelle sera plus résiliente lors d'événements extrêmes, qui risquent d'être plus fréquents avec les changements climatiques ", note le professeur de l'UQAC, qui souhaite travailler avec les organismes et les populations locales afin de mieux faire comprendre le rôle de l'érosion, pour trouver des solutions durables.

" On veut notamment déterminer quel est l'espace de liberté de la rivière, c'est-à-dire l'espace minimal nécessaire pour que les processus naturels puissent avoir libre cours ", conclut-il.





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