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Le « festival » du poisson mort ?

La situation prise au sérieux dans les municipalités

Plusieurs citoyens surprennent les carcasses de carpes asiatiques sur les Rives de la rivière Richelieu. (Photo : réseaux sociaux)

Les habitants de la région s'inquiètent de l'abondance des poissons retrouvés morts sur les rives de la rivière Richelieu, notamment à Chambly et à Saint-Mathias-sur-Richelieu.

Par Chloé-Anne Touma, Initiative de journalisme local- LE JOURNAL DE CHAMBLY

Selon les informations obtenues auprès du Ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, plusieurs carpes ont été retrouvées mortes le long du chemin Richelieu, jusqu'à Saint-Basile-le-Grand, près du Parc des voiles de Saint-Mathias-sur-Richelieu et au niveau du Bassin de Chambly. Les carpes proviendraient de la Rivière Acadie, qui est tributaire de la Rivière Richelieu.

La municipalité de Saint-Mathias a déclaré qu'elle prenait la situation au sérieux et s'est dite " bien au fait de la présence d'un grand nombre de poissons morts sur les rives de la rivière Richelieu ces derniers jours ". la suite d'une requête qu'elle a présentée auprès du Comité de concertation et de valorisation du bassin de la rivière Richelieu (COVABAR) et d'urgence Environnement, le 18 juin dernier, notons qu'une enquête d'Urgence Environnement est en cours, sollicitant la collaboration des villes et des citoyens pour faire avancer le dossier.

Une douzaine de Mathiassois ont ainsi fait parvenir des clichés et des vidéos troublants de leurs macabres découvertes, soit de plusieurs poissons échoués sur les rives. Pour Rémi Daignault, important agriculteur de Saint-Mathias-sur-Richelieu, ce genre de manifestation de la mortalité piscicole est chose courante.

" Ça arrive chaque année, en général à la fin juillet, et là, on a un mois d'avance ", d'indiquer celui qui a contribué à revégétaliser le replat et le talus d'une bande riveraine du Richelieu, dont l'érosion mettait l'écosystème des poissons en péril. " Ce qui inquiète aussi, c'est l'espèce! ", d'indiquer un autre citoyen, Francis Touchette, qui a identifié les carcasses d'un quintette de carpes asiatiques sur le territoire, de quoi attirer l'attention des biologistes, méfiants de cette espèce.

Un problème derrière le problème

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Il faudrait effectivement se soucier de la présence, dans les eaux du Québec, de carpes asiatiques, puisqu'elles sont jugées envahissantes et nuisibles pour le reste de la faune, et seraient responsables de la disparition d'espèces indigènes, mettant même l'habitat de certains oiseaux en péril.

Les travaux du " Programme québécois de lutte contre les carpes asiatiques ", menés par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) dans différents secteurs du Saint-Laurent, révèlent que sur les 470 échantillons analysés, neuf " ont présenté des traces d'ADN de carpe de roseau ".

En effet, la carpe asiatique nuirait à la préservation du chevalier cuivré, qui, en voie de disparition endémique au Québec, se reproduit essentiellement dans la rivière Richelieu.

Des causes naturelles

Rappelons que depuis 2016, la présence de poissons morts est recensée à Chambly, mais qu'à l'époque, on avait évoqué les déversements d'eaux usées effectués par la Ville et les fortes précipitations qui avaient fait déborder les égouts pluviaux comme ayant potentiellement contribué à ces apparitions.

Or, en entrevue avec le Journal de Chambly, le directeur général du COVABAR, Sylvain Lapointe, a écarté d'emblée la cause du déversement, " parce que dans ce genre de cas, plus d'une espèce auraient été touchées ". Ainsi, M. Lapointe met plutôt en cause " mère Nature, qui fait son oeuvre ".

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Il précise : " Le niveau de l'eau, plus bas que la normale, et les récentes chaleurs, font en sorte que l'oxygène dans l'eau se fasse plus rare. Pour les poissons de fond, comme la carpe, le manque d'oxygène dans l'eau est nuisible. C'est l'hypothèse la plus plausible. "

Le Ministère de l'Environnement penche aussi pour la cause naturelle, indiquant que le décès des carpes " serait causé par la période actuelle de fraie, le manque d'oxygène dans l'eau, les températures élevées et le bas niveau d'eau ".

M. Lapointe rappelle qu'il y a eu peu de neige cet hiver et pas de menace d'inondation le long de la rivière Richelieu. D'ailleurs, selon des données fournies par le COVABAR, force est de constater que le niveau moyen du Richelieu est plus bas qu'à l'habitude. Le 22 juin 2019, le niveau moyen de la rivière était à 29,83 mètres. Un an plus tard à pareille date, la mesure indiquait 28,96 m, puis 28,91 m le 22 juin dernier. " Presque 1 mètre de différence avec la moyenne de 2019, et un peu moins avec les années précédentes, mais une tendance à la baisse. "





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