Motoneige-Quad Une nouvelle loi nécessaire, selon l'analyse de François Bonnardel
Rendez-vousnature.ca
http://www.google.ca

Une nouvelle loi nécessaire, selon l'analyse de François Bonnardel

Le ministre croit qu'il faut absolument faire réfléchir les motoneigistes

Le ministre Bonnardel, lui-même motoneigiste, sait de quoi il parle. Il m’a accordé une entrevue lors de la caravane de sécurité de la FCMQ, il y a trois ans, avant de partir en randonnée avec le groupe. (Photo courtoisie Karl Tremblay)
Julien Cabana

Pour le ministre des Transports, François Bonnardel, il fallait absolument agir pour stopper l’hémorragie et protéger les amateurs de motoneige. C’est ce qui l’a motivé à présenter une nouvelle version de la Loi sur les véhicules hors route.

« Premièrement, lorsque nous avons regardé le bilan des dix dernières années, nous avons pu constater que les deux principales causes des décès ou des blessés graves en motoneige étaient la vitesse excessive ou la conduite sous l’influence de l’alcool ou de la drogue, d’expliquer le ministre. Le bilan de 2009 à 2019, c’est 270 décès en motoneige et 311 en VTT. La dernière année comptabilisée, 2019-2020, c’est 24 en motoneige et 34 en quad. L’activité du quad se fait sur douze mois. Le nombre de décès est important. Toutefois, en motoneige, c’est une saison qui dure en moyenne, si on est au sud, six semaines, alors que lorsque l’on est au nord, comme au Saguenay–Lac-Saint-Jean, la saison va durer trois mois si on est chanceux. En regardant le bilan et en constatant que l’on a perdu autant de gens au cours des deux dernières années, je crois sincèrement que l’action première du gouvernement et du ministère, c’est d’en arriver avec une vision de réduire à zéro ce bilan, idéalement. »

Dans l’esprit du ministre, il est clair qu’il faut absolument faire réfléchir les motoneigistes.

« Il ne faut pas arrêter de sensibiliser et de prévenir les motoneigistes que ça va vite et que les arbres arrivent vite. Les situations imprévues sont là. Auparavant, on pouvait se permettre de prendre une petite bière au chalet, de dépasser 0,08 et de ne pas subir les conséquences qu’un conducteur ivre subit sur la route. Maintenant, c’est tolérance zéro. »

Questionné pour savoir s’il avait prévu une ou des méthodes pour sécuriser le réseau de motoneige au Québec, le ministre répondait :

« Nous avons sécurisé le réseau régional avec les nouvelles règles, surtout en termes de nuisance. On s’attend à ce que les amateurs qui circulent près des habitations respectent la nouvelle limite de vitesse de 30 km/h. C’est l’attitude des motoneigistes qui va faire la différence, qui va amener les droits de passage à se perpétuer dans le temps. »

PRONATURE RIMOUSKI

DÉLINQUANTS

Un autre élément négatif qu’il faut corriger selon le ministre, c’est le vagabondage.

« Le vagabondage, c’est indéniable, cause énormément de problèmes. Dans la loi, nous avons prévu des possibilités de remboursement ou d’aide financière afin d’aider les agriculteurs qui auraient des dommages causés par ces motoneigistes sans scrupules. Au-delà d’une aide financière, un jour, ces propriétaires fonciers pourraient se dire que c’est assez. Ils pourraient dire que malgré la somme d’argent que vous me donnez, nous n’avons pas juste cela à faire, réparer nos terres brisées par ces délinquants. Ils voient un peu de poudreuse et ils se disent que c’est le moment de s’amuser. Il faut respecter les droits de passage. C’est extrêmement important pour la vitalité et la pérennité du réseau. C’est la cause majeure de tous les problèmes. »

Pour le ministre, il n’y a pas de solution autre que celle de respecter le sentier.

« Dans les sentiers balisés qui sont sous l’emprise du MTQ ou encore sur un droit de passage accordé par un propriétaire, il faut respecter l’usage permis, soit de rouler entre les deux poteaux rouges qui balisent le sentier. »

Cossette 5

PAS DE TRAPPE À TICKETS

Dernièrement, on assistait à la naissance d’une table de concertation regroupant tous les intervenants du milieu, pour discuter certains aspects de la nouvelle loi, dont les fameux points d’inaptitude.

« L’axe principal de la réflexion de tout le milieu, y compris [de] moi, c’est la sécurité avant tout. Il ne faut pas oublier que plusieurs motoneiges d’aujourd’hui sont aussi puissantes que n’importe quelles motocyclettes avec lesquelles les gens font des excès de vitesse sur les routes. La vitesse demeure une des causes principales des accidents dans les sentiers. Les faits sont là. Pour une saison aussi courte que celle de la motoneige, c’est une catastrophe de perdre autant de gens, année après année, à cause de la vitesse. Il n’est pas question de faire des trappes à tickets. Ce n’est pas le but, mais il faut comprendre que les motoneiges sont de plus en plus puissantes. La Table a pour but de rallier tout le monde autour d’une solution qui permettra d’améliorer la situation. L’industrie évolue, les machines évoluent et on perd toujours autant de gens chaque saison. Les amateurs doivent se rappeler que plusieurs pièges les guettent, comme les courbes glacées, par exemple. La trop grande vitesse diminue énormément le temps de réaction. »

En terminant, le ministre a tenu à rappeler que les délinquants qui s’amusent à modifier le système d’échappement de leur motoneige seront surveillés de très près par les policiers et les patrouilleurs qui sillonnent les sentiers. Ils sont une source de nuisance très importante.





Zec Québec septembre 2021
Cossette 5
Zec Québec septembre 2021
Cossette 4
Sépaq septembre 2021 4