Camping Camping sauvage : la Gaspésie a fait ses devoirs pour 2021
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Camping sauvage : la Gaspésie a fait ses devoirs pour 2021

Les débordements se sont multipliés l'été dernier

Bien médiatisés l'été dernier, ces campeurs "sauvages" sans réservation vont découvrir une Gaspésie beaucoup mieux préparée, qui s'organise pour éviter un scénario à la 2020. (Photo crédit Peter Sams)
La Presse Canadienne

Entre mer et montagne, la route 132 serpente d'un bout à l'autre de la Gaspésie. Dès les premières chaleurs estivales, ils seront des milliers à l'emprunter à la découverte de la péninsule, parfois sans plans ou itinéraires.

Par Simon Carmichael, Initiative de journalisme local- LE SOLEIL

Bien médiatisés l'été dernier, ces campeurs "sauvages" sans réservation vont découvrir une Gaspésie beaucoup mieux préparée, qui s'organise pour éviter un scénario à la 2020.

"Première étape : ne pas revivre 2020", lance d'entrée de jeu le maire de Gaspé, Daniel Côté. l'instar de plusieurs de ses collègues, au plus fort de l'été, l'élu enchaînait les entrevues sur les grands réseaux, priant les touristes de réserver et de respecter le territoire. Cette année, pas question de rejouer dans ce film. Comme de nombreux autres milieux, Gaspé a pris des mesures pour éviter les débordements, notamment sur ses plages.

Très présents dans l'Ouest canadien, les campings de débordement se multiplient dans la péninsule en prévision de l'été. De Sainte-Anne-des-Monts à New Richmond, en passant par Gaspé et Chandler, ces sites pour rediriger les campeurs à la recherche d'endroits où passer la nuit font partie du nouveau "coffre à outils" que se sont approprié les municipalités gaspésiennes.

En plus de ces nouvelles zones réservées aux campeurs sans réservation, de nombreuses municipalités ont resserré les réglementations municipales régissant les véhicules récréatifs et leurs usages. Bien au fait qu'elle sera appelée à intervenir, la Sûreté du Québec confirme avoir prévu des ressources additionnelles pour faire de la surveillance. "On sera en assistance pour faire appliquer la réglementation.

En haute saison, on va notamment avec des agents affectés à temps plein à ce dossier-là", affirme le sergent responsable des communications pour l'Est-du-Québec, Claude Doiron. "Avec les nouveaux règlements, ça devrait être plus facile à appliquer que l'été dernier", lance-t-il.

Inquiétudes chez les campings privés

Ces centaines de nouvelles places disponibles sans réservation sont cependant loin de plaire aux différents campings privés de la péninsule. Moins chers, plus facilement accessibles et plus flexibles, ces nouveaux espaces sont perçus comme de la concurrence déloyale par plusieurs propriétaires.

"Ça va tuer l'industrie du camping s'il commence à en avoir partout", craint le propriétaire du camping la Côte Surprise de Percé, Denis Després. "Je ne peux pas prendre des campeurs à 10 $ par nuit, ça ne marche juste pas!"

Il salue la décision de sa mairesse, qui a décidé de ne pas publiciser le site de débordement et de prioriser les campings privés de Percé. "Si on commence à l'annoncer, les gens vont se dire qu'ils n'ont pas à réserver et y aller directement. Il faut être conséquent et respectueux envers nos citoyens corporatifs qui sont là depuis des années!", juge Cathy Poirier.

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Le site ne sera accessible que si les campings avoisinants sont remplis. Même façon de faire à Gaspé. "On ne veut pas créer de faux campings. Ce n'est pas notre rôle de faire compétition au privé", assure le maire.

Attirer les campeurs au centre-ville

À Chandler, à quelques kilomètres de Percé, on a décidé d'aller en direction opposée. Depuis quelques semaines, le maire multiplie les entrevues dans les médias nationaux pour mousser le tout nouveau camping de débordement qui sera établi sur le site de l'ancienne usine Gaspésia, avec vue sur la mer.

"Notre problème est un peu différent. Nous, l'enjeu est surtout les gros véhicules qui s'installent dans nos belles haltes routières, sortent les chaises, le barbecue et y passent la journée et la nuit", rapporte le maire suppléant, Bruno-Pierre Godbout. 22 différents endroits considérés comme problématiques, la deuxième plus grande ville de la Gaspésie affichera une interdiction de stationnement prolongé, tout en invitant les campeurs vers le site de débordement.Pour deux nuits maximum, véhicules récréatifs, campeurs et autres voyageurs pourront s'installer dans l'une des 80 places qui seront aménagées. La moitié sera disponible pour réservation, tandis que le reste ira aux premiers arrivés. Le propriétaire du Mich Café, à quelques pas de là, se réjouit du projet. "C'est une super nouvelle. Ça va amener de l'achalandage sur la rue commerciale!"

"Si on peut en profiter pour faire du développement économique. Ça va nous permettre de garder du monde dans le centre-ville deux jours de plus, pourquoi on s'en priverait ?", questionne M. Godbout.

La municipalité de Chandler se défend de faire compétition aux quelques campings du territoire. "On va travailler en collaboration", assure le responsable des loisirs, Glenn Clement. "Les touristes seront dirigés vers les campings privés d'abord, et auront ensuite le choix de venir au site de débordement".

Afin de s'assurer de ne pas nuire à un écosystème en place depuis des dizaines d'années, la municipalité compte ajuster le prix du camping de débordement à celui des sites privés. Elle estime qu'il en coûtera "entre 20 $ et 30 $" par nuit. "Les gens auront le choix entre une place à 25 $ ou une amende de 100 $", conclut M. Godbout.

L'expérience de la saison 2020

L'été dernier, alors que les images de campeurs irrespectueux se multipliaient sur les médias sociaux, la Ville de Grande-Rivière a décidé de mettre sur pied, à toute vitesse, l'un des premiers sites de débordement de la péninsule. "On a été proactifs et on a pris l'initiative. Tout le monde était découragé, mais on ne voyait pas de pistes de solutions", raconte le maire de la municipalité, Gino Cyr.

Au cours des dernières semaines de l'été, une trentaine de campeurs ont séjourné derrière la polyvalente, et ce pour quelques dollars à peine. "Le but n'était pas d'avoir la meilleure place, mais juste une place", explique M. Cyr. Cette année, on se référera à Chandler.

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À New Richmond, dans la Baie-des-Chaleurs, pas question de refuser des touristes, réservations ou pas. L'été dernier, le Parc de la Pointe-Taylor a presque doublé son nombre de places pour recevoir des voyageurs à l'improviste, une façon de faire qui perdurera, assure le maire Éric Dubé. "On n'a refusé personne, se félicite-t-il. On a la chance d'avoir un grand terrain, alors on a accommodé les gens qui se présentaient. Tant qu'il y a du gazon ou de la gravelle, il y a de la place.

"Il faut essayer de maintenir un message positif. On a eu une super saison touristique malgré tout. Oui, on n'était pas prêt à cet achalandage, mais on s'est arrangés!"

Alors que plusieurs organismes se penchent sur la question du futur touristique de la Gaspésie, et que le débat entourant les plages est toujours bien vivant, une chose est sûre : c'est une péninsule beaucoup mieux préparée qui attend les campeurs cet été.

Un enjeu identitaire 

La réglementation des plages est un "enjeu particulièrement sensible", convient le maire de Gaspé, Daniel Côté. Au coeur de la vie des Gaspésiens depuis toujours, ces vastes espaces sont synonymes de travail, de nature et de tranquillité sur la péninsule.

Les plages ont aussi une place particulièrement importante dans les souvenirs des gens de la Gaspésie. l'adolescence, presque tous y ont déjà passé de mémorables nuits d'été autour d'un feu, quelques bières à portée de main.

L'interdiction d'y camper vient donc "toucher une corde sensible", note M. Côté. Au printemps dernier, alors que Gaspé s'apprêtait à interdire le camping sauvage en prévision de l'été, plusieurs résidents s'étaient levés pour dénoncer la décision, notamment en lançant une pétition. "Je comprends que [...] perdre un privilège dont on profitait depuis de nombreuses années peut faire réagir", écrivait le conseiller municipal Ghislain Smith en juin dernier, surpris par la levée de boucliers.

"Il faut être très prudent", explique Daniel Côté en pesant ses mots. "C'est un dossier sensible et identitaire où il n'y a pas d'unanimité". En interdisant aux voyageurs de passer la nuit sur les plages, l'élu l'interdit aussi aux résidents de Gaspé, habitués de le faire depuis toujours. "On ne peut pas discriminer, demander des adresses. Cette année, ça sera plus encadré que la moyenne, on verra pour la suite", conclut-il. 





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