Opinion Monter au front pour faire avancer un programme politique
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Monter au front pour faire avancer un programme politique

Réaction à l'interdiction des armes d'assaut par le gouvernement Trudeau

Avant même que le décompte des victimes de la tuerie de la Nouvelle-Écosse soit terminé, Justin Trudeau était déjà monté au front pour faire avancer son programme politique plutôt que de prendre le temps d’analyser la situation (Photo PC)
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Justin Trudeau a passé à l’acte, vendredi dernier, en rendant illégal 1500 modèles d’armes à feu différentes, au nom de la prévention.

Commentaire de François Lapointe, chasseur émérite 

Cela ne date pas d’hier que les mesures de contrôle des armes à feu sont méconnues de la plupart des Canadiens et que certains groupes tirent avantage de cette méconnaissance pour faire avancer leurs objectifs, tout comme le premier ministre.

Avant même que le décompte des victimes soit terminé, M. Trudeau était déjà monté au front pour faire avancer son programme politique plutôt que de prendre le temps d’analyser la situation et apporter des solutions pragmatiques. Tout laisse croire que le premier ministre attendait simplement une tragédie pour mieux vendre son projet.

Ce qui me fâche le plus dans toute cette situation est qu’au final, le vrai problème n’est pas adressé encore une fois. La plus récente tragédie en Nouvelle-Écosse nous fait réaliser que nous avons encore du progrès à faire en matière de sécurité publique. Encore faut-il bien cerner le problème!

D’abord, il faut rappeler que contrairement aux Américains, la possession d’armes à feu n’est pas un droit constitutionnel, mais bien une permission de l’État venant avec un bon lot de responsabilités. Je fais souvent référence au permis de possession et acquisition d’armes à feu, ce permis qui donne le droit d’acheter ou posséder une arme et des munitions.

Cette mesure de contrôle instaurée depuis déjà plusieurs décennies est probablement l’outil le plus utile pour les forces policières afin d’encadrer les propriétaires d’armes à feu qui respectent la loi.

Des mauvaises informations 

Depuis le début du projet du gouvernement de rendre illégales les armes dites d’assaut, un lot phénoménal de mauvaises informations a été partagé.

On parle beaucoup des AR-15, la version civile du Colt M16, laissant croire au public général qu’avant la mesure du gouvernement, on pouvait acheter une mitraillette automatique avec un chargeur à grande capacité. C’est totalement faux et ça n’a jamais été le cas.

Les armes à feu sont classées en trois catégories : sans restriction (ex. : carabines et fusils de chasse), à autorisation restreinte (ex. : pistolets) et finalement les armes prohibées (ex. : mitraillettes). Chaque catégorie contient un bon lot de restrictions, même les sans restriction qui demande tout de même nombreuse responsabilités auprès des propriétaires.

Sur le site de la Gendarmerie royale du Canada, voici la description d’une arme à feu prohibée :

  • Arme de poing pourvue d'un canon dont la longueur ne dépasse pas 105 mm; ou conçue ou adaptée pour tirer des cartouches de calibre 25 ou 32, sauf celles désignées par règlement pour utilisation dans les compétitions sportives internationales régies par les règles de l'Union internationale de tir;
  • Arme à feu sciée, coupée ou modifiée de façon que la longueur du canon soit inférieure à 457 mm ou de façon que la longueur totale de l'arme soit inférieure à 660 mm;
  • Arme automatique, qu'elle ait été ou non modifiée pour ne tirer qu'un seul projectile à chaque pression de la détente;
  • Arme à feu désignée comme telle par règlement.
  • Les vraies armes d’assauts, utilisés pour aller à la guerre comme le dit le premier ministre, sont incluses ici. La création de la catégorie d’armes d’assauts aux fins du projet du gouvernement est basée principalement sur des caractères esthétiques et arbitraires. Pratiquement, une carabine semi-automatique dans le .223 avec un chargeur de cinq balles est sensiblement la même chose en terme technique, quel que soit le modèle. Malgré tout, l’AR-15 faisait tout de même partie des catégories d’armes à autorisation restreinte, qui nécessitent encore plus de suivi et de responsabilités que la catégorie des armes de chasse.

Vous noterez que la liste établie par le gouvernement est très arbitraire (http://canadagazette.gc.ca/…/2020/2020-05-…/pdf/g2-154x3.pdf).

Passion herbale 2

Contrairement à toutes les catégories d’armes à feu en place au Canada jusqu’à présent, celle-ci ne se base pas sur des spécifications techniques, mais sur des modèles. De plus, le gouvernement se réserve le droit de modifier cette liste à sa guise.

Ce qui veut dire que demain, un gouvernement pourrait rendre illégaux des modèles d’armes à feu encore plus communs, sans aucune consultation. En d’autres termes, le gouvernement pourrait décider de rendre illégal mon fusil semi-automatique dont je me sers pour chasser le canard.

La pensée magique

De cette liste, 920 modèles similaires appartenant à la famille du AR-15 sont devenus illégaux. Dans l’histoire du pays, aucune AR-15 en possession légale n’a été utilisée pour une tuerie.

Ce que je veux dire ici est que les AR-15 qui ont été utilisées provenaient du marché noir, des importations illégales. Ça relève de la pensée magique de soudainement croire que les criminels vont se plier aux réglementations du gouvernement. Si on parle de prévention, il faut réaliser un constat : il y a des problèmes bien connus qui ne sont pas adressés. Il me semble que ce serait la base.

Certains parleront d’un gain, mais c’est faux. Il n’y a eu aucun gain. Pas simplement comme propriétaire d’armes à feu, mais surtout comme citoyen, je suis en colère de voir que le gouvernement se lave les mains avec une mesure de poudre aux yeux.

Concrètement, aucune vie ne sera sauvée avec cette mesure. Le vrai travail que le gouvernement doit faire est au niveau de la prévention du crime et du suivi des antécédents auprès des propriétaires d’armes à feu.

Est-ce qu’il y a du travail à faire auprès des propriétaires d’armes à feu qui respecte la loi? Certainement, plus d’enquêteurs de la GRC pour traiter les demandes seraient un atout. Le nombre le plus récent que j’ai vu parlait de 13 enquêteurs pour traiter 100 000 demandes par années. Faites le calcul.

C’est une moyenne de 13 minutes par dossier, c’est ridicule. Plutôt que d’avoir un plan de rachat qui coûtera plus de 280M$ aux contribuables, cet argent aurait pu être investi à cet endroit. Chose que je critiquais également de Stephen Harper alors qu’il n’a pas réinvesti les 100M$ sauvés annuellement par le registre pour d’autres mesures de prévention.

Crime organisé et santé mentale

Également, aucune mesure n’a été annoncée pour la lutte au crime organisé ou encore en aide à la santé mentale. Oui il y a un problème concret, le gouvernement a décidé de jouer à l’autruche plutôt que de le regarder de face.

Encore une fois, le premier ministre a agi par pur opportunisme politique, plutôt que d’adresser le problème à sa racine et ceux qui appuient cette mesure appui de lavage de mains.

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Une écrasante majorité des armes utilisées dans les crimes au Canada sont possédées illégalement, ce qui veut dire que les gens les possédant les ont achetés du marché noir, ainsi que les munitions pour les utiliser dans la majeure partie des cas. Malheureusement, il y aura encore des tueries au Canada, on aurait pu mieux prévenir, mais le gouvernement de M. Trudeau en a décidé autrement.

Si le premier ministre n’agit pas dans l’intérêt de la sécurité publique, il est légitime de se questionner quelles sont ses motivations. Maintenant comme jamais, je réalise que le Parti libéral du Canada prend des actions pour enrayer la possession d’armes à feu au pays.

Ce serait différent et ça aurait été une belle preuve de leadership si le dossier avait été coordonné de façon soutenue, avec une réelle évaluation des besoins en prévention.

Quelques mots sur la tuerie de Nouvelle-Écosse. Le tueur était sous le radar des autorités depuis 2002 et n’avait pas le droit de posséder une arme à feu. Visiblement, le tueur a passé entre les mailles du système. Cette liste aurait été mise en place avant, le tueur aurait tout de même eu en sa possession des armes à feu de façon illégale, des faux véhicules de patrouilles, des uniformes, etc.

Certes, le rapport final portera lumière sur la situation et des ajustements en matière de prévention seront nécessaires, mais le problème bien au-delà de simplement se demander de quelles armes sont légales et quelles armes ne sont pas légales. Le ministre Blair pour sa part faisait mention que deux des armes à feu sur la liste avaient été utilisées par le tueur de Nouvelle-Écosse, comme si cette liste aurait fait que le tueur aurait décidé de se conformer à la loi.

Finalement, pour ceux qui croient encore que le gouvernement fait bonne route, voici un peu plus de lecture :

http://www.sfu.ca/~mauser/papers/StatsCan/BN58-Final.pdf

https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2040531

https://www.publicsafety.gc.ca/…/_fls/rdcng-vlnt-crm-en.pdf…

Triste à dire, mais encore une fois les propriétaires d’armes à feu en règle sont les boucs émissaires d’une situation dont ils ne sont pas responsables.





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